« Le froid m’a appris que la robustesse est une illusion.
Un métal trop dur se brise.
Un entrepreneur trop rigide s’épuise.
L’antifragilité, au contraire, demande une posture organique : accepter les secousses, les intégrer, et en faire une matière d’évolution.»
Alex des Givrés
Par Alexandre Courtés, explorateur en béquilles, Ice coach et préparateur mental certifié en neurosciences motivationnelles.
En lisant l’article de Ramuntxo sur la croissance, la décroissance et l’antifragilité, j’ai eu l’impression qu’il parlait autant d’entreprises… que d’êtres humains.
Parce que j’ai vécu dans ma chair ce que signifie “profiter des chocs”.
Le jour où tout s’est arrêté
En 2024, un accident m’a cloué au sol.
Fracture ouverte, opérations, mois d’immobilisation.
Pour un coach spécialisé dans la résilience et la préparation mentale, c’était un paradoxe douloureux : j’aidais les autres à se relever, mais je ne savais plus si je pourrais, moi, remarcher normalement.
Ce moment de “décroissance personnelle” m’a forcé à faire ce que toute TPE-PME confrontée à une crise devrait faire :
repenser mes fondations.
Le choix du froid
Plutôt que de résister à cette descente, j’ai décidé de l’habiter pleinement.
J’ai fait ce que tout plan d’affaires rationnel aurait jugé insensé :
préparer une expédition au cercle polaire arctique… en béquilles.
Pas pour prouver quelque chose.
Mais pour comprendre jusqu’où un corps et un mental peuvent aller lorsqu’ils cessent de résister contre l’inconfort.
Le froid est devenu mon terrain d’expérimentation : il casse les certitudes, met le système nerveux à nu, oblige à réguler ses émotions avant d’agir.
C’est le contraire du contrôle — et c’est précisément ce qui le rend fécond.
Le parallèle avec l’entreprise
Dans le froid extrême comme dans une période de crise économique, la question est la même :
Comment rester lucide quand tout vacille ?
Une expédition, c’est une micro-entreprise. Il y a une équipe, des ressources limitées, des aléas constants.
Et dans ces conditions, trois lois de survie émergent :
De la glace à l’antifragilité
Le froid m’a appris que la robustesse est une illusion.
Un métal trop dur se brise.
Un entrepreneur trop rigide s’épuise.
L’antifragilité, au contraire, demande une posture organique : accepter les secousses, les intégrer, et en faire une matière d’évolution.
C’est ce qui différencie l’entreprise qui “tient bon” de celle qui grandit à travers la crise.
Ce que j’ai retenu
Et si l’entreprise apprenait à respirer dans le froid ?
Aujourd’hui, j’accompagne dirigeants et équipes à “entrer dans le froid” — au sens propre et figuré.
Bains glacés, respiration, gestion du stress : autant d’expériences concrètes pour redécouvrir cette capacité d’adaptation que la croissance à tout prix a souvent étouffée.
Parce que l’antifragilité n’est pas qu’un concept :
c’est une compétence humaine, physiologique, émotionnelle.
Celle qui permet, qu’on soit chef d’entreprise ou explorateur, de ne plus craindre les secousses, mais d’en faire le moteur d’une nouvelle croissance.
Plus consciente, plus vivante, plus libre.
Comme le disait Ramuntxo : la croissance et la décroissance ne sont que des cycles.
L’antifragilité, elle, est un art de vivre.
Alex des Givrés
Ice coaching & Ice thérapie
