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Le cobot : joujou ou atout dans les ateliers 

Le cobot : joujou ou atout dans les ateliers 

Catégorie : dossier 
Auteur(s) : Patrick BADETS / Xavier DOTAL
Date : jeudi 18 septembre 2025
Durée de lecture < 3 minutes

Parmi les technologies mises en avant par l’Industrie du Futur, la cobotique connaît un développement significatif depuis plusieurs années. Ce terme désigne l’ensemble des systèmes automatisés capables de collaborer avec les humains.

Le principe du cobot

Dans la majorité des cas, un cobot reproduit des gestes programmés à proximité immédiate d’un opérateur, sans obstacles tels que protecteurs ou dispositifs de sécurité. En cas de contact, le cobot s’arrête automatiquement. Il est qualifié de "collaboratif" car il peut stopper ou ajuster ses mouvements en fonction de la présence humaine.

Il s'agit là de la version la plus simple.
Dans des versions plus avancées, le cobot adapte ses actions à celles de l’opérateur, en travaillant simultanément sur le même objet.
Exemple : un cobot qui ajuste la position d’un boîtier électrique en fonction des fils insérés manuellement par un opérateur sur chaque face.

Objectifs des entreprises utilisatrices

Les entreprises qui expérimentent la cobotique cherchent avant tout à :

  • Améliorer leur performance
  • Réduire la pénibilité du travail

Leur but n’est pas de tout automatiser, comme c’est le cas avec des robots industriels classiques.
Cependant, certains points de vigilance doivent être pris en compte dans tout projet de déploiement de cobots.


Points de vigilance à observer

1. Ne pas confier de tâches dangereuses au cobot

Certaines tâches, dites "de force", sont à éviter pour un usage collaboratif : meulage, perçage, déplacements rapides, etc.
Dans ces cas, le niveau de dangerosité impose la mise en place de dispositifs de sécurité, conformément à la Directive Machines 2006/42/CE.

Même si les cobots intègrent des capteurs de présence et des fonctions d’arrêt automatique, une analyse de risque peut exiger de protéger l’opérateur contre l’activité elle-même du cobot.

👉 Il est donc recommandé de limiter leur usage à des tâches :

  • légères,
  • de faible cadence,
  • à vitesse lente,
  • de support ou d’aide à la manutention (port de charges légères, positionnement, etc.).

2. Ne pas nuire au travail des opérateurs

Il est essentiel de se poser la question suivante :
Le cobot va-t-il gêner ou appauvrir le travail humain ?

Quelques exemples :

  • Un cobot qui impose un rythme de travail rigide
  • Un dispositif qui obstrue la vision sur les étapes suivantes d'une ligne de production
  • Un encombrement empêchant l'entraide entre collègues
  • Une charge mentale accrue liée à la supervision d’une machine supplémentaire

3. Anticiper un mode de production alternatif

En cas de panne, il faut pouvoir reprendre le travail manuellement sans désorganiser tout l’atelier.
Plus on introduit des technologies (robots ou cobots), plus on fragilise la continuité de production.

Bonnes pratiques :

  • Préparer un mode opératoire de secours
  • Prévoir une reconfiguration rapide de l’espace de travail
  • Garantir une reprise fluide de l’activité en cas d’aléa technologique

4. Explorer les alternatives organisationnelles

Avant de se tourner vers une solution technologique, il est parfois utile d’examiner les leviers organisationnels :

  • Peut-on réorganiser les tâches entre les opérateurs ?
  • Une entraide structurée permettrait-elle d’atteindre les mêmes résultats ?
  • Le rythme de travail peut-il être modulé selon les situations ?

Ces pistes sont souvent sous-estimées alors qu’elles peuvent être très efficaces.


Ressources et accompagnement

La CARSAT Aquitaine accompagne les entreprises dans leurs projets de prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (TMS, chutes, etc.).

➡️ Découvrez les offres du service Prévention de la CARSAT Aquitaine (conseils, aides financières, formations, …) sur https://www.carsat-aquitaine.fr/home/entreprise.html.

Consultez également les dossiers de l’INRS dédiés à la prévention des risques professionnels du site de l’INRS :
https://www.inrs.fr


Une formation d’ingénieur tournée vers l’humain

L’école d’ingénieurs ESTIA, à Bidart, forme des étudiants à la conduite de projet technologiques en intégrant les points de vigilance sur l’intégration des nouvelles technologies sur le travail humain, que ce soit dans le cycle Ingénieur, Bachelor ou en formation continue (Master IP et Certification Manager Agile).


Par
Patrick Badets (ESTIA Recherche)
Xavier Dotal (CARSAT Aquitaine)

Patrick BADETS / Xavier DOTAL
Ingénieur de Recherche Ergonome Eur. Erg. / Contrôleur de sécurité
ESTIA RECHERCHE / CARSAT AQUITAINE