Témoignage de Sandra Lacombe, dirigeante de SANCHRIS, entreprise familiale de messagerie et de transport à Toulouse.
« On ne peut pas exercer un métier avec de l’humain si on n’aime pas l’humain. »
Si tout le monde s’accorde à dire que l’humain est au cœur du système, la relation entre les salariés et le dirigeant n’est pas toujours aisée.
Nous peinons à recruter et, lorsque nous croyons avoir trouvé la perle rare, il arrive que celle-ci nous déçoive.
Quand je constate l’ampleur de la « crise humaine » que traversent nos entreprises et notre société dans son ensemble, je me dis qu’il est urgent d’agir. Dans ce monde d’interdépendances, je souhaite apporter ma pierre à l’édifice en témoignant de l’importance du leadership en conscience.
Je dirige SANCHRIS, une petite entreprise familiale de messagerie et de transport située à Toulouse, qui compte aujourd’hui 13 salariés.
Pendant longtemps, j’ai privilégié les aspects techniques de mon métier, dirigeant essentiellement selon mon bon sens et mon intuition.
Très humaine, peut-être trop humaine, je me suis souvent laissé déborder par mes émotions face à des situations que je jugeais inacceptables, injustes ou simplement très éloignées de mes valeurs. Me protéger face aux conflits ouverts n’a jamais été facile.
Jusqu’au jour où, grâce à une amie, j’ai décidé d’entreprendre un véritable parcours vers moi-même. D’une part pour préserver ma santé et, d’autre part, pour ne plus avoir le sentiment de subir les événements.
C’est ainsi que j’ai croisé le chemin de Brigitte Ithurbide, qui m’a accompagnée dans cette démarche.
Notre santé mentale vaut tout l’or du monde. Et nous, dirigeants, ne sommes pas épargnés par les crises qui traversent notre société.
Aujourd’hui, une chose est certaine : le leadership en conscience génère des effets profondément positifs. Je le constate personnellement depuis que je l’ai intégré à mon mode de vie.
« Charité bien ordonnée commence par soi-même. »
La connaissance approfondie de soi est, selon moi, incontournable.
Je dois être honnête : au début, j’étais à la fois enthousiaste et curieuse, mais mon ego me soufflait aussi que je me connaissais déjà très bien.
Attention à notre ego !
Il existe aujourd’hui des outils puissants pour mieux se connaître. Mais être accompagnée par une experte, comme j’ai choisi de le faire avec Brigitte Ithurbide, m’a permis d’éviter les interprétations personnelles et, surtout, l’autocomplaisance.
Cette démarche exige une bonne dose d’humilité.
Sans un véritable travail d’apprentissage sur soi, il me paraît difficile d’affirmer que l’on agit pleinement en conscience.
Car les dimensions à explorer sont nombreuses :
Développer ses compétences émotionnelles permet notamment de préserver sa santé mentale, d’éviter les décisions hâtives sous le poids des émotions et de prendre le recul nécessaire pour communiquer de manière adaptée.
C’est un véritable défi, car personne ne nous apprend réellement cela à l’école.
Ce cheminement représente un pacte avec soi-même. Il exige de la volonté, de l’humilité et l’envie d’adopter une posture permanente d’apprenant.
Pour moi, c’est devenu une véritable stratégie d’amélioration du quotidien.
On entend souvent qu’il faut « rester soi-même ». Mais que signifie réellement cette expression ? Et surtout, quels peuvent être les effets négatifs de certains de nos comportements sur nous-mêmes, sur les autres et sur notre entreprise ?
Les effets bénéfiques sont multiples.
Ce travail, amorcé il y a maintenant cinq ans, continue à m’apporter énormément.
Il m’aide à prendre du recul sur les situations, à diriger davantage en accord avec mes valeurs et à exprimer plus clairement mes besoins ainsi que ceux de l’entreprise.
Dans notre secteur, certaines personnes exercent ce métier par défaut. C’est une réalité à laquelle nous devons faire face.
J’ai compris combien il était essentiel d’être transparente et honnête dès le départ pour éviter les malentendus.
Faire passer des messages délicats s’apprend également, particulièrement lorsque, comme moi, on n’est pas naturellement à l’aise avec la confrontation.
Et j’apprends encore…
Notre quotidien est aussi parasité par les préoccupations personnelles, les imprévus et les aléas. Et Dieu sait que, dans mon métier, ils ne manquent pas !
De nature sensible et émotive, cette rencontre avec moi-même m’a permis d’identifier ce qui pouvait particulièrement m'affecter et fragiliser mon discernement.
J’ai appris progressivement à prendre de la hauteur, à me protéger mentalement et, surtout, à agir avec davantage de lucidité.
Parfois, cela signifie aussi accepter de lâcher prise.
Nous avons souvent tendance à juger une personne plutôt qu’à chercher à la comprendre.
Et pourtant, identifier son fonctionnement, ses motivations et son système de référence représente un véritable gain de temps.
Choisir l’écoute active est une intention forte.
Elle permet de mieux percevoir les non-dits, de comprendre les besoins de l’autre et de construire des relations plus authentiques.
C’est là, à mon sens, que réside la véritable empathie.
Bien évidemment, cette posture suppose de sortir du « pilote automatique ». Nos échanges, nos paroles et nos réponses doivent être réfléchis et porteurs de sens.
Ce sont autant d’atouts au service de la réussite collective.
Et, par-dessus tout, je reste convaincue d’une chose :
« On ne peut pas exercer un métier avec de l’humain si on n’aime pas l’humain. »
Le leadership en conscience s’apprend et se cultive.
J’en ai fait une véritable stratégie de développement personnel et professionnel, dont je mesure chaque jour les bénéfices, aussi bien pour moi-même que pour mon entreprise.
Car, au fond, il y a deux convictions qui guident désormais ma manière de diriger :
J’aime l’humain. Et on ne peut rien faire seul.
Sandra LACOMBE
Dirigeante de SANCHRIS
Messagerie et transport – Toulouse